Une alimentation équilibrée contre les symptômes de la sclérose en plaques

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Des chercheurs ont mené une étude démontrant que le régime alimentaire peut aider à réduire les symptômes de la sclérose en plaques comme la dépression ou les douleurs. A condition de consommer quotidiennement des fruits, légumes et légumineuses.

Chaque personne a tout intérêt à adopter une alimentation saine au quotidien, et les personnes qui sont atteintes de sclérose en plaques (SEP) ne font pas exception à la règle. Cette bonne habitude serait même très conseillée chez ces derniers selon une récente étude menée par des chercheurs de la Johns Hopkins School of Medicine qui vantent les avantages d'une alimentation composée de fruits, de légumes et de grains entiers.

Leurs travaux montre que cette dernière peut être associée à une réduction de la gravité des symptômes liés à la maladie et donc à une meilleure qualité de vie chez les patients qui suivent ce type de régime par rapport aux patients pour qui ce n'est pas le cas. "Les personnes atteintes de SEP se demandent souvent si elles peuvent faire quelque chose pour retarder ou éviter le handicap, et beaucoup de gens veulent savoir si leur régime alimentaire peut jouer un rôle.", explique Kathryn C. Fitzgerald, auteur principal de l'étude.

Celle-ci ajoute: "Bien que cette étude ne détermine pas si un mode de vie sain réduit les symptômes de la SEP ou si les symptômes graves rendent plus difficile l'adoption d'un mode de vie sain, cela démontre le lien entre les deux." La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central: les cellules chargées de synthétiser la gaine de myéline qui entoure les axones (prolongement du neurone) sont attaquées par le système immunitaire.

Une bonne hygiène de vie, l'objectif idéal

"Ce phénomène entraîne des lésions à l’aspect scléreux, dispersées dans le système nerveux central. Ces lésions sont appelées plaques, d’où le nom de la maladie.", explique l'Inserm. Elle se manifeste par des troubles moteurs, sensitifs, de l’équilibre, visuels pouvant être responsables à long terme d'un handicap. Cette pathologie "évolue le plus souvent par poussées en nombre variable, parfois en continu.", indique l'Assurance maladie qui précise que 80 000 personnes sont concernées en France.

L'étude a porté sur 6 989 personnes atteintes de SEP de tous les types qui ont rempli des questionnaires sur leur régime alimentaire. La définition d'un régime alimentaire sain consistait à manger fréquemment des fruits, légumes, légumineuses et des grains entiers et rarement du sucre à partir de desserts et de boissons sucrées et peu de viande rouge et de viande transformée. Les participants ont été divisés en cinq groupes en fonction de la santé de leur alimentation.

Les chercheurs ont également évalué l'hygiène de vie générale des patients, définie comme un bon poids de santé, une activité physique régulière, une bonne alimentation et pas de tabagisme. Il a également été demandé aux participants s'ils avaient eu une rechute de leurs symptômes ou une aggravation graduelle de ces derniers au cours des six derniers mois et de signaler leur degré d'incapacité et la gravité de leurs symptômes dans des domaines comme la fatigue, la mobilité, la douleur et la dépression.

Moins de douleurs physique, de dépression et de fatigue

Les résultats ont montré que les personnes du groupe ayant le régime le plus sain étaient 20% moins susceptibles d'avoir un handicap physique plus sévère et une grave dépression par rapport aux personnes du groupe au régime alimentaire le moins sain. Par ailleurs, le fait d'adopter un bon mode de vie dans sa globalité permettait de réduire de 50% le risque de souffrir d'une dépression, de 30% celui de ressentir une fatigue intense et de 40% celui de ressentir des douleurs importantes.

Et ce peu importe les facteurs qui pourraient affecter leur incapacité, tels que l'âge et les années de maladie depuis le diagnostic. Les chercheurs ont même pu établir concrètement les portions alimentaires qui faisaient toute la différence: ceux qui avaient le meilleur régime mangeaient en moyenne 1,7 portion de grains entiers par jour. A l'inverse, ceux qui appartenaient au groupe de l'alimentation la moins saine ne consommaient que 0,3 portions de grains entiers par jour.

Pour les fruits, les légumes et les légumineuses, le groupe le plus élevé consommait 3,3 portions par jour contre 1,7 portion par jour pour le groupe opposé. La Société canadienne de sclérose en plaques s'est également penchée sur ce sujet dans un rapport, qui estime aussi qu'une alimentation variée peut avoir "une incidence positive sur la qualité de vie". Mais les experts mettent en garde contre les régimes alimentaires proposés en guise de traitement car "aucun d’entre eux ne s’est révélé efficace pour prévenir cette maladie ni pour ralentir son évolution".

Article issu du site Santé Magazine

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