24/08/2017

Emplois aidés : graves menaces pour la scolarisation des élèves en situation de handicap

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Suite à la baisse du nombre de contrats aidés décidée par le gouvernement , l'Education Nationale va devoir faire face à la rentrée prochaine à un nombre d'emplois d'accompagnants d'élèves en situation de handicap non pourvus.

Nous vous invitons à lire l'article de Paul Devin sur le site de Médiapart  sur ce sujet.


Reprenant les promesses électorales d'Emmanuel Macron, la secrétaire d’État en charge des personnes handicapées, Sophie Cluzel, affirmait au journal La Croix, le 26 juillet dernier: « le handicap sera bien l’une des priorités du quinquennat ». Et d’annoncer dans la même interview "qu’il y aura, en septembre, le nombre de contrats suffisants pour accompagner les enfants"en assurant que les emplois d’AVS seraient modernisés, professionnalisés et pérennisés.

L’annonce de la réduction massive des contrats aidés met fortement en doute cette priorité annoncée. 

Une conséquence à court terme : graves difficultés pour la rentrée

La première conséquence de cette réduction des emplois aidés, à court terme, sera que, dans l’attente de la finalisation de cette décision, l’administration va suspendre la signature des nouveaux contrats et le renouvellement des anciens. Le gouvernement a annoncé que l’Éducation nationale serait épargnée. Mais rien de véritablement rassurant dans cette exception : les recommandations données aux préfets par la DGEFP leur demandent "de restreindre fermement ceux réservés à l’État" (Libé 17/08/2017) ; en Île de France, la recommandation de la DGEFP est plus générale : plus aucun contrat y compris pour les contrats du secteur non marchand (Le Monde 17/08/2017). De telles recommandations vont créer des conditions déplorables de rentrée pour les élèves handicapés.

Une décision désastreuse à terme pour la scolarisation des élèves handicapés

Mais à terme, la réduction des financements, même si elle est moins forte pour l’Éducation nationale que pour d’autres secteurs, va contribuer à réduire des moyens déjà insuffisants pour permettre l’accompagnement nécessaire à la scolarisation des élèves handicapés.

Cela entraînera des refus de scolarisation mais plus largement encore des conditions de scolarisation incapables de permettre les progrès d’apprentissage des élèves handicapés. Quelques chiffres commencent à être cités (voir Le Parisien 19/08/2017) qui témoignent de l'importance de la réduction des moyens y compris pour l'Education nationale : 20000 emplois en moins pour la seconde dotation semestrielle 2017 soit une réduction de près d'un tiers! Dans beaucoup d'académies, la dotation était déjà très juste par rapport aux besoins, dans d'autres elle était largement insuffisante pour doter tous les élèves des moyens accordés par leur notification MDPH. Avec une telle réduction, nul doute qu'ils seront encore plus nombreux.

C’est l’ensemble de l’action éducative concernant les élèves handicapés qui va subir les effets de ces réductions, pas seulement par la diminution des moyens destinés à l'accompagnement de la scolarité (AESH et AVS)  mais parce que cette mesure va contraindre les municipalités à réduire l'encadrement des activités péri-éducatives, des cantines scolaires et que cette réduction au-delà de ses conséquences sur la vie quotidienne des écoles viendra renforcer la difficulté de scolarisation des élèves handicapés. 

Vouloir l’inclusion scolaire des élèves handicapés ne peut se contenter d’un discours aux accents généreux, cela demande d’en assumer les coûts nécessaires.

Les mesures envisagées vont conduire à accentuer encore davantage, pour ce qui est des actions publiques en faveur des élèves handicapés, l’écart entre la réalité des politiques mises en oeuvre et l’idéalité des discours ("créer autant de postes d’AVS que nécessaire", affirmait le candidat Macron).
C'est une toute autre politique qu'il conviendrait de mener qui viserait :
      - à disposer des moyens humains nécessaires à la mise en oeuvre de tous les accompagnements évalués comme nécessaires par la MDPH.
      - à assurer la pérennisation des emplois AVS et AESH en accentuant la politique de cédéisation mise en oeuvre en 2014
      - à permettre la qualification professionnelle et la formation continue de ces personnels. 

A défaut, nous ne pourrons que constater que les promesses du candidat Macron relevaient de la propagande et non de l'engagement. 

Voir l'article sur le site de Médiapart

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