05/10/2017

Sclérose en plaques : Et si tout commençait dans les intestins ?

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Deux nouvelles études sur l'animal montrent que la flore intestinale pourrait, à elle seule, déclencher la maladie. Car certaines de ses bactéries activent des mécanismes immunitaires impliqués dans la pathologie.


 

La sclérose en plaques se nicherait-elle dans les intestins ? Alors que de précédents travaux menés chez la souris ont montré que la présence d'une flore intestinale était nécessaire pour développer une sclérose en plaques, deux nouvelles études parues coup sur coup, l'une à consulter ici, et l'autre ici, vont plus loin. Elles montrent, toujours chez l'animal, que la flore intestinale pourrait, à elle seule, déclencher la maladie, car certaines des bactéries qui s'y trouvent activent des mécanismes immunitaires impliqués dans cette pathologie. Encore faudra-t-il le démontrer chez l'homme.

Pour mémoire, la sclérose en plaques est une maladie neurodégénérative auto-immune: l'organisme se met à produire des anticorps contre ses propres cellules, détruisant la couche de myéline qui entoure les neurones. Des facteurs génétiques et environnementaux (tabagisme, infections) ont été incriminés, mais il ne fait plus de doute que la présence de certains micro organismes hébergés dans le système digestif de l'hôte concourent à l'apparition de la maladie.

Restaurer l'équilibre du microbiote intestinal pourrait soigner la maladie

Ainsi, le fait de transférer la flore intestinale de sujets malades chez des souris prédisposées à cette maladie, entraîne l'apparition des symptômes chez plus de 60 % des animaux, contre seulement 30 % de cas en situation normale. Dans cette flore "malade" les chercheurs ont constaté la présence excessive de plusieurs bactéries (ci -dessus Acinetobacter) qui favorisent, in vitro et in vivo, la production de cellules inflammatoires (les lymphocytes Th1), ou encore la perte de cellules régulatrices de l'immunité (Treg). Or, elles sont toutes impliquées dans la maladie.

Certaines des bactéries produisent même des peptides dont la structure est proche de composants de la myéline, et induiraient donc la production d'auto-anticorps contre cette dernière. A tel point que pour les scientifiques qui ont mené les études, restaurer l'équilibre du microbiote intestinal pourrait, à terme, devenir une stratégie thérapeutique chez les malades.

Article issu du site Science&Vie

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