Les accidents ischémiques transitoires, des attaques cérébrales brèves mais redoutables

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Chaque année en France, 40.000 à 50.000 personnes ont des accidents ischémiques transitoires souvent précurseurs d’AVC.

Si un jour vous avez, d’une minute à l’autre, un bras ou une jambe paralysé ou simplement devenu lourd, une difficulté à articuler, une perte de la vision d’un œil ou des difficultés à tenir debout, composez immédiatement le 15, vous êtes peut être en train d’avoir un accident vasculaire cérébral (AVC), un infarctus du cerveau, car une artère cérébrale s’est bouchée (caillot). 

C’est ce qui arrive chaque année à 160.000 personnes en France.

Une véritable catastrophe cérébrovasculaire qui peut laisser des séquelles (handicap) si vous en réchappez. «C’est la première cause de handicap physique survenant à l’âge adulte et c’est aussi la deuxième cause de démence», explique le Pr Charlotte Cordonnier (Inserm), à la tête du service de neurologie et pathologie neuro-vasculaire au CHU de Lille.

Pourtant, une fois sur quatre, le corps aura averti avant l’AVC! Dans les heures, les jours, les mois voire les années qui précèdent l’AVC, vous aurez présenté les symptômes de ce que l’on appelle un accident ischémique transitoire (AIT). Autrement dit, les mêmes symptômes que ceux de l’AVC, sauf qu’ils n’auront pas duré. «L’épisode peut aller de quelques secondes à plusieurs heures», expliquait le neurologue canadien Charles Miller Fischer en décrivant pour la première fois l’AIT précurseur de l’AVC, il y a tout juste soixante ans. «Le plus souvent, l’AIT dure de quelques secondes à cinq ou dix minutes», ajoutait-il. Entre 40.000 et 50.000 personnes sont concernées chaque année en France.

«Comme ça ne dure pas, on est rassuré et on se croit guéri, explique le Pr Cordonnier, alors qu’il faut immédiatement appeler le centre 15 pour être rapidement pris en charge dans une unité neuro-vasculaire par une équipe multidisciplinaire qui va identifier la cause et donc pouvoir mettre en place un traitement personnalisé très rapidement.»

«On a longtemps pensé que le risque d’AVC était majeur dans les premiers jours et jusqu’à trois semaines après, mais, en réalité, après un AIT vous êtes définitivement à risque»  dit le Pr Pierre Amarenco, chef du service de neurologie et du Centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale à l’hôpital Bichat

Une urgence donc, même si vous avez complètement récupéré. Car, après un AIT, le risque d’AVC est également considérable. «On a longtemps pensé que le risque d’AVC était majeur dans les premiers jours et jusqu’à trois semaines après, mais, en réalité, après un AIT vous êtes définitivement à risque», explique au Figaro le Pr Pierre Amarenco, chef du service de neurologie et du Centre d’accueil et de traitement de l’attaque cérébrale à l’hôpital Bichat (Assistance public-Hôpitaux de Paris). Il faudra traiter la cause (parfois juste une hypertension artérielle qui n’était pas soignée), s’il y en a une et prendre un traitement préventif à vie.

 

 

 

Dans le dernier numéro du  New England Journal of Medicine , l’une des principales revues médicales internationales, le Pr Amarenco a publié une étude sans précédent avec ses collègues de 21 pays réunis dans le projet TIAregistry.org. Près de 4000 patients ayant été admis pour AIT dans l’un des 61 centres capables d’une prise en charge immédiate (clinique d’AIT) ont été suivis jusqu’à cinq ans après cette alerte initiale.

«Parmi les 3847 patients, 469 ont eu un infarctus cérébral, un infarctus du myocarde ou sont morts de problèmes vasculaires, soit un risque à cinq ans de 12,9 %, explique le Pr Amarenco, De plus, la moitié de ces événements sont survenus au cours de la première année de suivi et l’autre moitié entre la deuxième et la cinquième année. Cela explique non seulement pourquoi il faut prendre en charge rapidement une personne qui a un AIT, mais aussi pourquoi il ne faut pas baisser la garde.» À chacun de connaître et de faire connaître les symptômes de l’AIT et d’avoir le réflexe de «faire le 15». «L’AIT c’est la fumée avant l’éruption du volcan», met en garde le Pr Amarenco.

Tout l’enjeu est aussi de développer sur tout le territoire ces cliniques de l’AIT, véritable «SOS Cerveau», accessibles aux médecins 24 heures sur 24. Il n’en existe pour l’instant que deux en France: celle que dirige le Pr Amarenco à Bichat (SOS-AIT), et l’autre à Toulouse. Mais les choses pourraient bientôt évoluer, selon le Pr Amarenco, qui dirige actuellement un groupe de travail à la Direction générale de l’offre de soins (ministère de la Santé).

Article issu du site Le Figaro.fr

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